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Histoire
de Madagascar
On s'accorde à penser que la première occupation
humaine à Madagascar remonte aux premiers siècles
de notre ère. Ces pionniers sont originaires de l’Asie
du Sud-Est, plus précisément de la partie centrale
de l’actuelle Indonésie. Les premiers royaumes
dont on peut établir l’histoire remontent aux environs
du XIIe siècle, au centre de l’île. Les autres
royaumes du littoral dont le souvenir s’est perpétué
n’émergent qu’à partir du XVIIe siècle.
On peut à cet égard énumérer les
royaumes sakalava sur la côte ouest, ceux des betsimisaraka
et des peuples du sud-est sur le littoral oriental, les royaumes
betsileo au sud du pays merina, etc.
Jusqu'au XVIIIème siècle, des vagues successives
d'immigrations atteignirent le pays, et se sont rapidement
assimilées aux locaux. Arabes, Austronésiens,
Indiens et Africains ont continué de s'ajouter à
la formation de la population Malagasy.
Les
premiers contacts européens eurent lieu avec l'arrivée
des portugais en 1500. Le capitaine de la flotte en question
était Diégo Dias. Sur les hautes terres, un royaume
prend son essor au début du XVIe siècle. Celui-ci
ne devait cependant connaître l'apogée que sous
le règne d’Andrianampoinimerina qui mourut en 1810.
Ce dernier entreprit d’unifier le centre du pays, tout
en laissant par testament à son successeur le soin d'unifier
le reste de l’île, à travers l’expression
: ny riaka no valamparihiko, « la mer [sera] la limite
de ma rizière ». Ce fut donc avec son fils Radama
Ier (portrait ci-contre) que l’entreprise d’unification
proprement dite de Madagascar débuta. Les premières
régions extra merina à être assimilées
furent le pays bezanozano à l’est et les pays betsileo
au sud.
Après l’accord "britannico-malagasy"
de 1817 puis en échange de sa coopération pour
mettre fin au commerce des esclaves avec l’étranger
(1819), Radama reçut par l’intermédiaire
de l’île Maurice l’assistance du Royaume-Uni
pour moderniser le royaume et l'armée. C’est
ainsi qu’en quelques années à peine, avec
le titre de Roi de Madagascar que les Britanniques lui avaient
reconnu, il réussit à rallier les trois-quarts
de l’île, correspondant aux régions les
plus riches et les plus peuplées. Virtuellement, il
avait donc en fait rassemblé Madagascar, même
si c’était à titre de suzerain, se contentant
de contrôler les relations extérieures et de
percevoir des "tributs" des autres régions,
demeurées autonomes dans la gestion de leurs affaires
internes.
Après le décès de Radama en 1828, le
trône échut à son épouse, la reine
Ranavalona Ire qui entreprit d’étendre un peu
plus et de consolider le royaume laissé par son époux.
Devant les menaces françaises (attaques inopinées
de Gourbeyre en 1829) et celles que la propagande des missionnaires
faisaient planer sur la pérennité des valeurs
socio-culturelles malagasy, la reine Ranavalona décida
en 1835 d’expulser les missionaires Européens
qui avaient refusé de cesser le prosélytisme.
Elle décida malgré tout de poursuivre le processus
de modernisation du royaume. Avec James Cameron, reparti avec
les missionnaires, le plus connu d’entre ces techniciens
étrangers était Jean Laborde, établi
à Antananarivo dès 1831 pour ensuite y séjourner
durant plus de quarante ans, jusqu'à sa disparition
en 1878.Il aura créé un pôle industriel
à Mantasoa, sous les ordres de Ranavalona I . Celle-ci
avait besoin d'armement, de faïencerie, d'élevage
de vers à soie, etc. Après la disparition de
Ranavalona I en 1861, son fils lu succéda sous le nom
de Radama II. Celui-ci choisit une politique d'ouverture aux
européens, il fut notamment critiqué pour avoir
attribué d'immenses concessions territoriales à
des aventuriers comme le Français Joseph Lambert. Son
règne devint vite de plus en plus contesté et
il disparut en 1863, selon certains assasiné sur ordre
du Premier Ministre Rainivoninahitriniony, d'autres soutiennent
la thèse fut contraint à un éxil secret
dans une autre région du pays.
Son épouse qui devint alors reine sous le nom de Rasoherina.
Par la même occasion, le Premier Ministre Hova (roturier),
devint officiellement l'époux de la souveraine. Cette
union était donc avant tout de nature politique, afin
de symboliser le partage des pouvoirs entre la monarchie et
la roture.
Sous Rasoherina, le royaume poursuivit sa modernisation,
et il en sera de même avec les deux souveraines suivantes,
Ranavalona II (1868-1883) qui se convertit au protestantisme
et Ranavalona III (1883-1897).
À
partir de 1864, la charge de Premier Ministre et Commandant
en Chef de l'armée échut à Rainilaiarivony,
le frère cadet de Rainivoninahitriniony. Celui-ci demeura
à son poste jusqu'à l'invasion française
en 1896. D'abord soumis au régime du protectorat français
à la suite du traité du 1er octobre 1895, Madagascar
fut ensuite unilatéralement déclaré colonie
française le 6 août 1896, alors que la reine et
le gouvernement local étaient encore en fonction. Par
la suite, le 1er mars 1897, toujours unilatéralement,
le général Galliéni abolit la monarchie
malagasy, privant de tout droit politique ceux qui devinrent
des « indigènes malgaches » jusqu'au début
de 1946.
La résistance armée des Menalamba, commencée
en novembre 1895, fut brisée par la force. La "pacification"
de l'île ne s'acheva cependant dans les régions
côtières qu'en 1904, après avoir fait
environ 100 000 victimes sur une population totale d'environ
3 millions d'âmes.
Après un début difficile avec l'affaire de
la VVS en 1915, le combat nationaliste ne se développa
véritablement qu'à la fin des années
20. Celui-ci connut son apogée au lendemain de la Seconde
Guerre mondiale sous la conduite du MDRM. Mais l'élan
fut brisé en 1947 après la répression
dans le sang de l'insurrection du 29 mars. Ici également,
les victimes se chiffrent entre 80 000 et 100 000 tués
(11 000 d'après les estimations officielles de l'époque).
Madagascar retrouve son indépendance le 26 juin 1960
sous la direction de Philibert Tsiranana, un ancien leader
du PADESM.
Mais la Première République de Madagascar était
encore très étroitement liée à
la France par les Accords de coopération. Tsiranana,
critiqué pour son soutien aux intérêts
français, fait face à une contestation grandissante
et se retire en 1972.
Après quelques années de troubles, Didier Ratsiraka
devient président d'une Seconde République en
1975 et entreprend d'aligner sur la position du bloc pro-soviétique.
Mais vers la fin des années 1980, il est contraint
d'engager le pays sur la voie d'un libéralisme prudent,
notamment économique.
En 1991, l'opposition à Ratsiraka s'amplifie. Des
manifestations populaires dégénèrent
en affrontement avec l'armée, faisant de nombreuses
victimes. Après une brève période transitoire,
une nouvelle constitution est adoptée et Albert Zafy,
candidat de l'opposition, est élu à la présidence.
Paradoxalement, les élections présidentielles
de 1996 (après l'empêchement de Zafy par l'Assemblée
Nationale) voient la réelection de Ratsiraka. Madagascar
connaît une période de stabilité économique
jusqu'en 2001, où les résultats des élections
sont contestés.
Le candidat d'opposition Ravalomanana Marc se proclame vainqueur
et forma son propre gouvernement, installé dans la
capitale Antananarivo, tandis que celui de Ratsiraka s'exila
à Toamasina, ville du plus grand port du pays.
La
situation ne se débloqua pas avant le départ en
éxil de Ratsiraka en juillet 2002, laissant de facto
le pouvoir à Ravalomanana (photo ci-contre). Contrairement
à Ratsiraka, orienté surtout vers le bloc socialiste
pendant la IIème République et presque exclusivement
vers la France lors de la IIème République, Ravalomanana
entreprend une politique d'ouverture commerciale et politique
vers de nombreux pays du monde, notamment l'Allemagne, mais
également les USA (premier pays à reconnaître
sa victoire électorale), le Japon, le Maroc, la Chine,
l'Afrique du Sud...
Mais l'efficacité de ses mesures se fait attendre et
l'inflation a fait chuter le pouvoir d'achat des Malagasy de
moitié depuis 2003. Son gouvernement est incapable mettre
le pays à l'abri des soubresauts de l'économie
mondiale.
Source: Wikipedia |
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